La femme voit, pendant le mois de Ramadan, sa responsabilité se doubler. En plus de son aspect vestimentaire, elle connaît, au cours de ce mois sacré, un grand changement dans ses habitudes : dormir peu et investir beaucoup d’efforts pour mieux s’acquitter de ses tâches domestiques. Mères de famille ou travailleuses à l’extérieur, tel est le grand défi
La femme égyptienne se prépare un peu tôt pour le mois de Ramadan, bien avant la mi-Chaabane. Elle considère ce mois sacré comme une fête religieuse, qui dure trente jours. Et elle sait qu’il lui revient la mission de maintenir cette ambiance festive et chaleureuse dans son foyer pendant le Ramadan. Pour cela, elle se réveille tôt pour mettre de l’ordre dans chaque coin de sa maison. Elle doit préparer les repas pendant la journée à ses petits-enfants. Et pour préparer les autres repas, à savoir ceux de la rupture du jeûne, le dîner et le sohour, la femme passe une grande partie de son temps dans la cuisine. «La plupart des plats traditionnels préparés particulièrement au mois sacré exigent beaucoup de temps», explique Saïda, secrétaire de direction dans une société transitaire. Et d’ajouter que «je consacre une grande partie de mon temps pour préparer les friandises typiques du mois de Ramadan. Car mon époux et mes deux fils aiment manger les repas préparés à cette occasion par moi-même. Et je ne trouve pas les mots pour bien exprimer ma joie et mon bonheur pour le fait de me trouver, après la rupture du jeûne, parmi ma famille en train de déguster les plats que je leur fais». En plus des travaux domestiques, la femme fait de son mieux pour être toujours accueillante pour recevoir les visites de sa famille et de ses amis. Elle doit aussi trouver du temps pour rendre visite à ses proches et connaissances. «Je me sens toujours occupée à faire quelque chose. C’est vrai que les appareils électroménagers ont facilité la tâche à la femme. Mais nous nous sentons fatiguées surtout pendant les derniers jours du carême. D’ailleurs, la fatigue et le stress se lisent facilement sur notre visage», révèle Salwa, une autre femme d’une quarantaine d’années. Cette dernière poursuit que Ramadan constitue pour certaines femmes une occasion pour montrer leurs talents culinaires. «Je veux tester mon talent dans la préparation des konafa», précise-t-elle, faisant remarquer que «je dispose d’un grand carnet plein de recettes que j’ai pu collecter grâce à la radio, la télévision, des amies ou collègues de travail. Je m’en sers beaucoup pour la préparation des katayefs de Ramadan. Surtout que je dois avoir besoin tout le long de Ramadan de gâteaux pour les servir pendant la visite des membres de ma famille et mes amis». A l’instar des hommes, la femme se voit multiplier le nombre de ses prières et la lecture du Coran. Elle essaye de trouver du temps pour aller à la mosquée, «surtout que je connais les bienfaits de la prière collective. Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais raté la prière de Taraouih à la mosquée», témoigne une sexagénaire qui tient à faire quotidiennement la prière d’El Fajr dans la mosquée de son quartier. Malgré l’augmentation de leurs tâches domestiques pendant le Ramadan, la plupart des femmes se disent s’habituer au rythme de ce mois sacré. Elles affirment qu’elles n’en ont pas à se plaindre, car le mois du carême ne cesse de mettre en valeur leur rôle aussi bien dans la société que dans leurs foyers. Et l’on ne peut que leur en donner raison…